Ceo E. BAUER

CEO BAUER
 
DOG TAG  
   
NOM BAUER CEO
NUMERO MATRICULE 36420598
RANG Private First Class
BIOGRAPHIE
 

Né en Mai 1923 à Carson City dans le Michigan, j’ai aujourd'hui 80 ans. J’ai fréquenté l’école communale pendant 8 ans et le collège pendant 4 ans. J’ai travaillé dans la ferme familiale jusqu’à 19 ans et j’ai été incorporé dans l’armée en janvier 1943.

J’ai commencé la formation d’infanterie dans les 320ème et 137ème régiments d’infanterie de la 35ème division en Californie et en Alabama de février à novembre 1943. Mon matricule de compétence militaire était 745-Rifleman (fusilier) et mon grade était 1ère Classe.

Nous nous entraînions à tirer au fusil automatique Garand, au fusil automatique Browning (FM BAR) et au Bazooka. L’entraînement comprenait de la marche, du scoutisme, des patrouilles et l’usage de baïonnettes et de couteaux dans les combats rapprochés. L’assaut sur les positions ennemies était très souvent pratiqué.  

D’août 1943 à avril 1944, j’ai étudié les bases du génie civil à l’ Institut de Technologie Carnegie de Pittsburgh (Pennsylvanie) au cours du Programme d’Entraînement Spécialisé de l’Armée. En avril 1944, l’invasion de la forteresse Europe était imminente. Il fallait des hommes d’infanterie pour le combat et j’ai donc été transféré à la Compagnie I du 377ème Régiment d’Infanterie de la 95ème Division. L’entraînement se poursuivait en Pennsylvanie et en Virginie de l’Ouest.  

En août 1944, la 95ème Division a traversé l’Atlantique vers Liverpool en Angleterre. Là, nous nous sommes brièvement entraînés et avons traversé la Manche vers la France sur un bateau anglais. Nous avons débarqué à Omaha Beach en septembre et avons campé un peu plus loin dans les terres dans un pré. Paris était libérée et l’offensive Alliée était arrêtée à cause d’un manque de carburant et de ravitaillement.  

Au début d’octobre 1944, la 95ème Division a rejoint le front près de la frontière allemande dans les alentours de Nancy. Puis nous avons commencé le combat dans une position défensive calme près de Metz.  

Début novembre, la 3ème Armée du Général Patton a repris son offensive pour libérer la ville fortifiée de Metz. En tant que fusilier dans la Compagnie I du 377ème Régiment, j’ai participé à des patrouilles de reconnaissance des positions ennemies en dehors de Maizières-lès-Metz. Pendant une patrouille de nuit pour faire des prisonniers, notre peloton de 8 hommes a défié par l’ennemi devant ses positions défensives au Château de Brieux. Après 5 minutes de combat à l’arme à feu, nous avons pu nous échapper sans perte. Par contre, notre force de 24 hommes aurait infligé quelques pertes à l’ennemi.  

 

Le 8 novembre, la 3ème Armée Américaine a commandé un assaut de nuit pour s’emparer du Château de Brieux. Notre 1er peloton a attaqué dans le noir vers les lignes ennemies. Avec quelques hommes, je me suis infiltré dans la dernière protection ennemie. Le feu ennemi était nourri par l’artillerie, les mortiers, les mitrailleuses et les fusils et j’ai été gravement blessé par des fragments d’obus aux environs de 21h. Les 1ères Classe John Ahern et Harold Kellogg (tous 2 jeunes papas) ont été tués par cette explosion. Un peu plus tôt, mon copain d’abri individuel, Steve Bodnar, avait été blessé et sa jambe droite a été amputée plus tard. 8 membres de notre équipe de 11 hommes ont été tués ou blessés.  

 

Le premier assaut de la Compagnie I avait échoué et les survivants des deux pelotons d’artillerie se sont retirés. Le 9 novembre, une force d’assaut renforcée a attaqué et occupé le Château de Brieux en subissant de lourdes pertes. Je suis retourné tant bien que mal vers Maizières où notre médecin de peloton m’a donné les premiers soins d’urgence. Après minuit, j’ai été évacué vers le service de soin du Bataillon où le chirurgien du Bataillon, le Capitaine Herbert, m’a administré un traitement médical

De là, j’ai été évacué sur une civière dans une Jeep vers un hôpital de campagne près de Nancy. Mes blessures n’étant pas considérées comme mortelles, j’ai encore attendu 3 jours pour une première opération chirurgicale visant à réparer mes nombreuses blessures de shrapnel sur le côté gauche de mon visage, ma poitrine, mon bras gauche et ma jambe gauche. Le 14 novembre, j’ai décollé vers l’Angleterre dans un C-47  ambulance. Après quelques jours, j’ai subi une autre opération pour fermer mes blessures dans un hôpital près de Cardiff au Pays de Galles. Le diagnostique médical a confirmé une invalidité dans ma jambe gauche et je n’ai donc pas pu retourner au service actif. Je suis retourné aux Etats-Unis avec le bateau hôpital américain J.W. Mc Andrew en janvier 1945.

Après une dernière opération et de la rééducation, j’ai été dégagé avec les honneurs de mes obligations militaires  pour incapacité en avril 1946. Mon rétablissement a été un succès puisque j’ai pu vivre une vie de travail et de loisir et que je suis encore vivant et actif à 80 ans.

La Compagnie I du 377ème Régiment a subi de très lourdes pertes pour prendre le Château de Brieux. Sur la foi de conversations avec les survivants et sur les demandes de remplacement pour reconstituer la Compagnie, j’estimerais que 50 pour cent des 185 hommes de la Compagnie I ont été tués ou blessés.

De novembre 1944 jusqu’à la fin de la guerre en mai 1945, la Compagnie I du 377ème Régiment a eu 93 hommes tués au combat et 170 hommes blessés au combat. Cela montre un taux de perte de 142 pour cent. Cela n’est pas inhabituel dans les taux de perte des compagnies d’artillerie durant la 2ème guerre mondiale. Beaucoup d’armées ou de compagnies de fusiliers-marins qui ont combattu plus longtemps en Europe et dans le Pacifique ont subis des taux de perte beaucoup plus importants (probablement 500 pour cent ou plus).

 

 

 


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